Intervention non planifiée
Dégât des eaux dans des locaux professionnels : que faire
Ce qu'il faut faire dans les dix premières minutes, ce qui se passe ensuite, combien de temps prend réellement un séchage, et ce que nous documentons pour votre déclaration.
Nous ne sommes ni assureur ni expert. Nous documentons, vous déclarez.
Les trois premières actions
- Coupez l'arrivée d'eau au robinet le plus proche, puis l'électricité de la zone touchée au tableau — pas l'inverse, et jamais en marchant dans l'eau si le tableau est dans la zone inondée.
- Photographiez avant de toucher quoi que ce soit : vue d'ensemble, point d'origine si visible, biens touchés, niveau atteint sur les murs. Ces images valent plus que toute description écrite au moment de la déclaration.
- Sortez de la zone ce qui peut l'être encore — documents, matériel électronique, marchandise — en surélevant plutôt qu'en déplaçant loin, puis appelez un prestataire d'assèchement et votre assureur.
Les premières mesures avant notre arrivée
Ce que vous faites pendant l'heure qui précède notre arrivée détermine une bonne partie de l'ampleur de la remise en état. Ces six gestes sont accessibles à n'importe qui, sans matériel.
Couper l’eau
Au robinet d'arrêt du local, ou à défaut au compteur général. Si vous ne trouvez pas le robinet, appelez le gardien ou le syndic avant de chercher plus longtemps.
Couper l’électricité de la zone
Au tableau, uniquement si vous pouvez l'atteindre sans traverser une zone inondée. Dans le cas contraire, n'entrez pas et faites intervenir un électricien ou les secours.
Photographier
Vue d'ensemble de chaque pièce touchée, point d'origine, niveau atteint sur les plinthes et les cloisons, biens endommagés en gros plan. Datez en photographiant une horloge ou en vérifiant que l'horodatage de votre téléphone est actif.
Surélever plutôt que déplacer
Cales, palettes, tréteaux. Déplacer du mobilier trempé dans une pièce sèche étend la zone à traiter et complique le séchage.
Ouvrir si l’air extérieur est plus sec
À Toulon, un jour de mistral, l'air extérieur est très sec et l'ouverture accélère nettement le séchage. Un jour d'épisode méditerranéen humide, elle ne sert à rien : gardez fermé et attendez la ventilation mécanique.
Relever les compteurs
Le relevé du compteur d'eau au moment de la découverte permet d'estimer le volume perdu. C'est une donnée que les assureurs demandent et que presque personne ne pense à noter.
Ce qu’il ne faut pas faire
- Ne jetez rien avant le passage de l’expertUn bien détruit et évacué est un bien qui n'a pas existé pour l'assurance. Photographiez, stockez à part, attendez.
- Ne mettez pas le chauffage à fondChauffer un local saturé sans extraire l'humidité fait migrer l'eau dans les matériaux et favorise les moisissures. Il faut ventiler et déshumidifier, pas cuire.
- N’utilisez pas d’aspirateur domestiqueUn aspirateur qui n'est pas conçu pour l'eau se détruit et peut provoquer un choc électrique. Le matériel d'aspiration d'eau est spécifique.
Notre intervention, heure par heure
Le déroulé ci-dessous correspond à un sinistre de taille moyenne — un local de 100 à 300 m² touché sur une partie de sa surface — signalé en heures ouvrées sur Toulon.
- H+0
Appel
Trois questions : où, quelle surface approximative, l'eau coule-t-elle encore. Nous décidons du départ sur ces trois réponses, pas sur un questionnaire long.
- H+0:10
Consignes immédiates par téléphone
Couper, sécuriser, photographier. Nous restons en ligne le temps qu'il faut pour que l'eau soit coupée : c'est la seule chose qui change vraiment l'ampleur des dégâts.
- H+2
Arrivée
État des lieux contradictoire avec vous, photos horodatées, relevé du niveau atteint, identification des matériaux touchés. Dix à quinze minutes avant de commencer à travailler.
- H+2:30
Aspiration et évacuation
Aspirateurs à eau, raclage, évacuation. C'est la phase la plus visible et la plus rapide : sur une surface moyenne, elle prend de deux à quatre heures.
- H+4
Mise en place du séchage
Ventilateurs de brassage et déshumidificateurs positionnés selon les matériaux et la configuration. Premier relevé d'humidité, qui sert de point de référence.
- J+1
Contrôle et ajustement
Relevé du taux d'humidité, repositionnement des appareils, retrait de ce qui est déjà sec. Un séchage se pilote, il ne se pose pas.
- J+3
Nettoyage final et rapport
Une fois les relevés stabilisés : nettoyage complet, désinfection si nécessaire, retrait du matériel, rapport d'intervention avec photos et courbe des relevés, transmis le jour même.
Le séchage : pourquoi trois jours et pas trois heures
L'eau visible est évacuée en quelques heures. Ce qui prend du temps, c'est l'eau absorbée par les matériaux : chape, plinthes, bas de cloison, isolant, bois. Un sol qui paraît sec au toucher peut contenir assez d'humidité pour faire décoller un revêtement trois semaines plus tard ou faire apparaître des moisissures derrière une plinthe.
Le séchage se mesure, il ne s'apprécie pas à l'œil. Nous relevons le taux d'humidité des matériaux à chaque passage et nous ne retirons le matériel que lorsque les valeurs sont stabilisées à un niveau normal, pas lorsque la surface semble sèche. Ces relevés figurent dans le rapport final, avec leurs dates.
Sur un sinistre moyen, comptez trois à cinq jours. Sur une chape épaisse ou un isolant en sous-face, cela peut aller à dix jours ou plus. Un prestataire qui annonce un séchage complet en vingt-quatre heures parle de la surface, pas de la structure — et c'est vous qui en verrez les conséquences plus tard.
Pendant cette période, les appareils tournent en continu et consomment. C'est une ligne de facturation à part, à la journée d'appareil, que nous annonçons dès le devis pour que la durée ne soit pas une surprise.
Ce que nous documentons pour vous
Un sinistre mal documenté se traduit par une indemnisation discutée. Voici ce que nous produisons systématiquement, sans que vous ayez à le demander.
Photos horodatées à l’arrivée
Avant tout début de travaux : vue d'ensemble par pièce, niveau atteint, biens touchés, point d'origine si visible.
État des lieux contradictoire
Établi avec vous ou votre représentant à l'arrivée, signé des deux côtés. C'est la pièce qui fixe l'étendue constatée.
Courbe des relevés d’humidité
Un relevé daté à chaque passage, par zone. Elle justifie la durée du séchage et donc la durée de facturation du matériel.
Rapport d’intervention
Chronologie, opérations réalisées, matériel employé et durée, photos avant et après. Transmis le jour de la fin d'intervention.
Ce que nous ne faisons pas
Une partie de ce qu'on attend d'un intervenant après un dégât des eaux ne relève pas de notre métier. Le dire évite des malentendus coûteux au moment de l'indemnisation.
Ce que nous faisons
- Évacuer l'eau, sécher, nettoyer, désinfecter
- Documenter par photos, relevés et rapport écrit
- Vous indiquer les premières mesures par téléphone dès l'appel
- Coordonner notre intervention avec le passage de votre expert
Ce que nous ne faisons pas
- Réaliser l'expertise ou chiffrer le montant du sinistre
- Négocier avec votre assureur ou vous représenter
- Effectuer les travaux de reprise : plomberie, plâtrerie, peinture, revêtements
- Décider de ce qui doit être jeté ou conservé
Comment se facture une intervention non planifiée
Trois lignes, pas une. Un forfait unique masquerait la durée du séchage, qui est la variable principale et celle que personne ne connaît le premier jour.
Ce qui n’est jamais facturé
- Le conseil téléphonique au moment de l'appel, y compris si vous ne nous confiez pas l'intervention
- Le temps passé à l'état des lieux contradictoire
- L'établissement et l'envoi du rapport d'intervention
- Un déplacement lorsque nous constatons sur place que l'intervention ne se justifie pas
Les prestations concernées
Entretien de parties communesCommerces et restaurationNettoyage de bureaux